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Interview de Sylvie Dhenin, éducatrice spécialisée au Point d’Accueil Ecoute Jeunes Parents d’Arras

Sylvie Dhenin, éducatrice spécialisée au PAEJ d’Arras, revient avec nous sur le rôle de la structure en cette période de crise sanitaire. Face à des problématiques telles que l’isolement ou encore le deuil, elle explique comment l’équipe du PAEJ travaille à donner du sens et à remettre du positif dans la vie des personnes qu’elle accompagne.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis éducatrice spécialisée au PAEJ depuis une vingtaine d’années maintenant. A l’origine, le PAEJ était spécialisé dans les conduites addictives, et depuis il a évolué en une structure plus généraliste, avec des missions beaucoup plus larges.

 

Pouvez-vous nous expliquer les missions du PAEJ ?

Le PAEJ est une structure qui accueille, écoute, accompagne, informe et oriente un jeune public âgé entre 11 et 25 ans, qui rencontre des problématiques diverses : un mal-être, une difficulté, des questionnements, qui le concernent mais qui concernent également son entourage. Nous accueillons également les parents confrontés aux difficultés du jeune. La porte d’entrée est libre, les jeunes sont en général orientés par des professionnels, des partenaires… et pour un petit nombre d’entre eux, dans le cadre d’une mesure de réparation pénale ou de convention avec l’Education Nationale pour éviter le décrochage scolaire. Il n’y a pas vraiment de profil type des personnes que nous accompagnons, ils font appel à nous pour des raisons très diverses : problème scolaire, harcèlement, violence, problème familial, crise identitaire, consommation de stupéfiants… Le PAEJ rayonne sur l’arrondissement d’Arras.

Nous faisons également de l’accompagnement au deuil (y compris au deuil symbolique : divorce, perte de la santé, handicap…) pour tous les publics à partir de l’âge de 7 ans. Notre travail est de les accompagner dans ce chemin de deuil, à les aider à apprivoiser la perte, le manque, à remettre du sens dans cette période de crise pour aller de l’avant…

 

Quels sont les impacts de cette crise sanitaire et de cette période de confinement sur votre travail au quotidien ?

En cette période de confinement, nous sommes moins sollicités. Evidemment, nous sommes là pour accueillir et écouter les gens ! Ils apprécient être reçus au PAEJ, avoir une relation privilégiée avec leur interlocuteur, ce qui n’est pas possible en ce moment. Néanmoins, nous maintenons nos rendez-vous que nous gérons par téléphone. Nous parvenons donc à continuer notre accompagnement à distance avec les personnes qui le souhaitent. Mais pour les gens que nous n’avons pas encore rencontrés, avec qui nous n’avons pas pu tisser une relation de confiance, c’est parfois plus compliqué.

Lors de nos appels, nous essayons de savoir comment la personne vit le confinement (stratégies misent en place, créativité occupationnelle, entourage, soutien divers…) On est à l’écoute de ses besoins. Evidemment, en fonction de la problématique rencontrée, nous appelons plus ou moins souvent. Pour exemple, une personne endeuillée, handicapée, dépressive va nous demander une attention particulière. De leur côté, les personnes accompagnées savent qu’elles peuvent nous appeler quand elles le souhaitent.

Néanmoins, les personnes déjà confrontées à la solitude, à l’isolement, voient leurs problèmes encore renforcés à l’heure actuelle. Il faut rester très attentif à ces situations. Le simple fait d’appeler, de prendre des nouvelles (se sentir exister dans le regard de l’autre), est déjà une réponse dans ce cadre. Ces personnes ont souvent besoin d’être écoutées, rassurées par rapport à ce qu’il se passe autour d’elles : « nous sommes tous vulnérables et on fait ce que l’on peut dans ce contexte particulier ! » De même on leur demande comment elles s’occupent, tout en vérifiant leur équilibre de vie (vigilance aux addictions) et leur boîte à outils (valorisation des compétences).

 

Êtes-vous confrontée à des problématiques particulières ?

Le climat anxiogène fait bien entendu ressurgir certaines craintes. Les gens expriment particulièrement leur peur de la mort, évidemment surtout ceux confrontés à des décès, même s’ils ne sont pas forcément liés au virus. Ils ont besoin d’être entendus dans leur peine et dans leur impuissance.

Certaines situations sont très complexes. Actuellement par exemple, les rituels funéraires sont interrompus, ce qui peut s’avérer très compliqué à accepter car se dire au revoir est très important. Il faut essayer de faire comprendre aux gens, dont la souffrance est exacerbée avec le qu’ils pourront mettre en place ces rituels plus tard. Le soutien du PAEJ dans ce contexte est très important et il le sera d’autant plus après le confinement

Enfin, le PAEJ participe au dispositif de veille et d’écoute impulsé par la CUA. Cette plate-forme met en synergie le réseau partenarial en faveur du public concerné.

Nous constatons que les personnes n’osent pas nous contacter. Elles pensent que nous ne sommes pas ouverts. Cependant, les gens que nous avons au bout du fil apprécient énormément que l’on vient aux nouvelles.

 

                                                                   interview PAEJ COVID

 

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