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Interview de Claude Picarda, Directeur du Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale – Gestion du la crise du COVID-19

Claude Picarda est le Directeur du Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) de La Vie Active. Cet établissement, qui assure l’hébergement et l’accueil de personnes ou familles connaissant de graves difficultés en vue de les aider à accéder ou à recouvrer leur autonomie personnelle et sociale, continue d’assurer ses missions durant cette période de crise sanitaire. Nous avons fait le point avec lui sur la situation et le fonctionnement de la structure au terme de cette première semaine de confinement.

 

Quelles mesures particulières ont été prises face à l’épidémie de COVID-19 ?

Nous avons pris toutes les mesures qui nous étaient proposées par les services de l’Etat et par le Siège Social de l’association. Tout d’abord, cela signifie bien sûr des mesures de prévention et de distanciation. Ensuite, nous avons mis en place une chambre de confinement, que nous avons déjà dû utiliser pour ce qui s’est avéré par la suite être une fausse alerte. Nous avons également revu nos fonctionnements en interne en ce qui concerne les allers et venues des personnes accueillies, ou encore le fonctionnement du réfectoire en divisant le service du repas en plusieurs tranches.

Nous avons fortement limité les interventions au sein de l’établissement, puisque nous accueillons beaucoup de personnes, et nous ne devons pas prendre le risque de les exposer. De fait, les bénévoles qui intervenaient dans le cadre de différentes animations n’interviennent plus pour le moment.

Nous travaillons avec des professionnels médicaux pour revoir et valider toutes nos pratiques, et nos salariés sont en alerte permanente concernant l’état des publics accueillis. Pour l’instant nous n’avons à déplorer aucun cas chez nos usagers ou nos professionnels. Nous avons néanmoins d’ores-et-déjà mis en place un roulement entre nos professionnels, de manière à garder des forces vives disponibles en cas d’arrêt maladie.

 

En parlant des personnes accueillies, comment font elles face à la situation ?

Bien entendu, comme tout le monde, la plupart des personnes accueillies témoignent d’une certaine inquiétude vis-à-vis de cette crise sanitaire. D’autres au contraire sont très insouciantes, et il faut souvent leur rappeler les règles. Il faut composer avec ces deux approches très différentes de la situation. C’est le travail des professionnels du CHRS, qui demande une organisation particulière du quotidien et beaucoup de prévention. Aujourd’hui, je demande clairement à mes équipes de ne plus être simplement « éducateur » ou « maître de maison », mais bien d’être « médiateur » à chaque instant.

Gérer les allers et venues de certaines personnes accueillies demande une entière mobilisation. Elles n’ont pas forcément besoin de faire des courses, ou d’aller travailler, donc elles n’ont pas de motifs de sortie, mais souhaitent tout de même aller à l’extérieur. Nous avons un vrai travail de pédagogie à effectuer en leur expliquant qu’elles ne doivent pas quitter un certain périmètre, que leur sortie doit être brève… Bien sûr nous essayons d’exploiter au maximum le grand parc de la structure, mais pour certaines personnes cela ne suffit pas, surtout quand s’y mêlent certaines problématiques comme la dépendance ou les troubles psychiques.

 

Et concernant les enfants accueillis, des dispositions particulières ont-elles été prises ?

Nous leur prêtons une attention particulière en effet. Nous aidons par exemple les parents à s’occuper de leurs enfants en ce qui concerne les devoirs scolaires. Dans notre structure, nous sommes en cette matière confrontés à des problématiques particulières, les difficultés d’utilisation d’internet par exemple, ou la non-scolarisation de certains enfants. Nous avons notre rôle à jouer pour tenter de faciliter le quotidien des parents et de leurs enfants, mais bien sûr sans décharger les parents de leurs responsabilités.

 

Cette période de confinement peut s’avérer catastrophique pour certaines familles ou personnes sans domicile fixe. Quelle est la position du CHRS vis-à-vis de ces cas ?         

Nous continuons d’accueillir les personnes qui n’ont pas d’autres solutions, que ce soit les personnes à la rue ou les familles en détresse par exemple. Tant que nous avons des places disponibles, nous ne mettrons de côté aucune personne dans le besoin. Bien sûr cela pose des questions et suscite des inquiétudes : nous sommes censés être dans une situation de confinement, mais nous continuons à accueillir de nouvelles personnes, qui représentent un risque potentiel. A bien des égards, c’est paradoxal. Néanmoins nous devons assumer notre mission, et c’est d’ailleurs ce que nous demandent les services de l’Etat.

 

                                                    chrs gestion crise covid 19

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